Paris Vintage

Paris Vintage est un guide destiné à informer sur les adresses où trouver des vêtements et accessoires anciens (1870-1970).
Pour des informations supplémentaires et une version anglaise, achetez le livre Paris Vintage, éditions Parigramme. Disponible sur Amazon.
Tous les textes sont © Sarah de Haro, 2006-2009. Contact presse: parigramme.fr ; ou laissez un commentaire.

Thursday, April 30, 2009

Joli cadeau...

...que le nombre de ventes de Paris Vintage sous format livre.

Merci!!

Wednesday, April 01, 2009

Le vintage, trop vieille idée.

Le Salon du Vintage est de retour, donc mon téléphone vibre. Belle ironie, ce "Salon" est sans doute l'endroit que je recommande le moins. D'ailleurs, Didier Ludot, qui s'y était égaré pour des raisons sans doute très commerciales, n'y apparaît plus.
Le "vintage", au sens détourné, est bel et bien mort.
"Combien ça coûte?", me demandait ce matin une journaliste en panne d'inspiration. Le vrai est hors de portée, surtout depuis la fin des parachutes dorés. Les maisons de couture n'ont plus les budgets de leurs ambitions. Et pour le reste, la misère des friperies envahissant le Marais, et bien, ça coûte cher, trop cher, et ça ne vaut rien, moins que rien.
Seuls les spécialistes s'y retrouvent. Et ça prend quelques temps, et des erreurs d'achat, de savoir s'y retrouver. C'est pour cela que je faisais le guide. Et j'ai appris, de mieux en mieux. Et constaté les dérives, de plus en plus. Lisez le blog, vous y trouverez tout, les coups de coeur, l'histoire de la mode, et même mon goût pour les garçonnes.

Sunday, December 28, 2008

Fin d'un blog, fin d'une tendance ?

J'aime la mode, infiniment. J'aime beaucoup moins ce que le vintage est devenu - le mensonge de tailleurs fatigués des années 1980 présentés comme des pièces de valeur, les pseudos rééditions, etc.

Je ne trouve strictement plus rien à dire d'agréable sur le sujet. Le plus cruel a sans doute été une visite récente dans une boutique que j'ai autrefois recommandée - un manteau y était présenté à un prix ahurissant alors qu'il avait visiblement été (sans aucun soin) modifié postérieurement à sa coupe d'origine.

Il restera des bons plans, j'en suis sure : certainement les endroits où l'on vous parle plutôt de rétro, de fripes, les puces, les petits marchés. Mes adresses préférées ont conservé leur sérieux - et parfois, aussi, augmenté leurs prix... Pour les collectionneurs et les passionnés, elles valent toujours le coup. Mais même une adresse sérieuse n'est pas à l'abri des profits vite faits : j'ai vu auprès de l'une des plus célèbres échoppes une robe définitivement sale proposée à 100 euros...

Le "vintage" est maintenant une tendance que les loups ont avalée, et donc, il est juste complètement dépassé, exploité par des ringards, comme l'organisateur du "salon" qui m'offrit de si belles crises de rire.

Sur un mode plus personnel, je pourrais sans doute vous raconter comment le vintage a simplement accompagné un moment très particulier de ma vie, le plus grand des défis peut-être. Tous, toutes - lecteurs, marchands - vous m'avez un peu aidée, certains savent pourquoi, d'autres non, peu importe. Mais cela m'a toujours garanti de me moquer aussi bien des flatteries que des critiques - et des plagiats - parfois très littéraux - de mes posts, spéciale dédicace à L'Express.

La page est tournée avec la conviction que j'en ai écrit bien assez et que ce serait dommage de devenir désagréable - et le regret de penser qu'il y aurait beaucoup de raisons de l'être.

Pour finir sur une note positive, mes remerciements vont particulièrement à Farid Chenoune, historien de la mode, auteur de nombreux ouvrages dont la magnifique référence sur Christian Dior aux éditions Assouline, ainsi qu'à Françoise et Erwan de Fligué, et aux vraies élégantes : Izamu et Virginie.

Tuesday, October 28, 2008

Allez, on oublie la crise...

Je suis d'humeur très taquine ces jours-ci, c'est normal, rien ne m'appartenait dans les "25 000 milliards de dollars évanouis" (source : Le Monde du dimanche/lundi 26 et 27 octobre). Bon, le marasme auquel nous sommes néanmoins tous confrontés risque de nous valoir des désillusions cuisantes, et le marché du textile n'est certes pas à l'abri.

C'est sans doute parce que ce matin j'ai fait une des bonnes affaires qui signent le succès d'une chine bien organisée que finalement je garde le sourire : j'ai déniché pour 15 euros un pardessus en alpaca Erotokritos, d'un joli gris souris. A ce prix-là, même l'approche des soldes presse ne menace pas et la carte ne brûle pas. Evidemment, c'était en passant chez Emmaüs, dont je ne dirai jamais assez de bien.

J'avais aussi trouvé il y a quelques jours un pantalon Balenciaga - certes pas à 15 euros, mais à 200, environ la moitié du prix neuf. La bonne surprise, c'est non seulement que j'avais trouvé le pantalon, mais aussi que je pouvais rentrer dedans sans avoir l'air d'une dinde ficelée... Oui, un pantalon Balenciaga "large", aux détails militaires - je pourrais même écrire Baggy, si je songe à l'étroitesse des modèles cigarette habituellement conçus par le divin Ghesquière.

A propos de Ghesquière, on me demande parfois ce qui deviendra vintage de la mode d'aujourd'hui. Je ne suis ni Pythie, ni très convaincue par la logique d'investissement, mais Nicolas Ghesquière, tout de même, est sans doute une des rares valeurs que je défendrais. Je précise néanmoins qu'il est extrêmement délicat d'envisager le même avenir pour des pièces de prêt-à-porter que pour les gloires Haute-Couture qui font aujourd'hui le vrai vintage - celui, finalement, que je n'approche jamais que de mes yeux et mots. Mais comme l'art de s'habiller ne consiste pas qu'à remonter le temps, mais aussi à mélanger les époques, vous souhaitez peut-être savoir où dépenser, à défaut d'investir.

Alors, voilà l'adresse (pas du tout) secrète : allez régulièrement jeter un œil aux jolis portants de la boutique Odetta (76 rue des Tournelles - 75 003). Du neuf ou presque, venu des soldes presse ou déposé par des jeunes femmes trop gâtées. Au fil des mois, j'ai trouvé des chemises Dior Homme ou des marques moins connues (totalement inconnues de moi, en tout cas) à petits prix (type 80 euros, pour des pantalons d'une classe d'enfer). La semaine dernière, une magnifique mallette Armani en croco bleu nuit attendait la milliardaire ou l'insconciente (880 euros,mais d'une taille et d'une couleur suffisamment exceptionnelle, un vrai sac à mains culte - le vôtre, donc)

J'ai parlé de cette adresse à plusieurs reprises. Mais je sais que de l'ensemble mes lectrices n'aiment pas remonter le fil des pages, donc je me permets la piqûre de rappel ! A noter, les meubles design - et vraiment vintage - qui sont aussi proposés : le propriétaire organise les Puces du Design, que je viens de louper - oups - et que je n'avais même pas annoncées.

Bon sinon, les bonnes nouvelles supplémentaires : vous êtes plus de 15 000 par mois à passer ici - merci les moteurs de recherche, Pandora, Mam'Zelle Swing et quelques autres.

Si vous aimez vraiment mon blog, allez, permettez-moi un peu de retape (faut bien rembourser le Balenciaga) : achetez le livre ! Plein d'infos en plus ! English version included ! Et l'espoir de me permettre de continuer le travail...

C'est Ici

Bientôt sur le site, un article croustillant sur les plus belles arnaques faussement vintage (non, pourtant, je ne compte pas rejoindre la rédaction de 60 millions de consommateurs), grâce à des témoignages que j'ai déjà reçus et une touche d'expérience personnelle. Si vous aussi, votre robe 1940 s'est révélée 1980, si vous avez repéré des escarpins sans griffe à plus de 100 euros désignés comme 1930 malgré leur semelle "Made in Spain", si on vous a certifié un beau jour que Poiret mettait des zips à ses robes - allez, envoyez, on rigolera un peu, et je raconterai quelques ficelles pour éviter les pièges.

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Friday, October 17, 2008

I'm in Training, Don't Kiss me - Rions (encore) avec le salon du vintage.



Claude Cahun, I'm in Training, Don't Kiss me


Ça devient de plus en plus drôle. Avant-hier je reçois l'appel d'une journaliste travaillant pour un titre très connu, qu'on ne soupçonnera pas de défendre des positions underground. Son sujet : Le vintage est-il devenu une arnaque ? Un angle qui lui a sauté aux yeux quand elle s'est rendue au... Salon du Vintage.

Hier, je reçois un mail de Laurent Journo, organisateur du Salon du Vintage. Ce charmant personnage, qui ne sait certes pas faire la différence entre un passepoil et un biais, m'envoie deux vidéos Youtube sur le salon et m'invite à faire mon travail. J'ai déjà raconté Ici combien il semble être attaché à moi... essentiellement pour m'insulter. Il y a plusieurs mois, il devait "informer Hachette Filipacchi" de mon manque de professionnalisme, hier, il "avait informé mon éditeur". Je ne me suis donc pas privée d'ironiser dans ma réponse :

"Comprenez bien que je n'ai pas besoin de vous, de vos menaces, de vos insultes,
pour très bien me porter, et très bien travailler. Mais quelle crise de rire à
chaque fois ! Si vous étiez si sûr de vous, vous ne perdriez sûrement pas le
temps de vous occuper de mon petit blog amateur... mais bon, je comprends, ça
doit pas être facile, les vendeurs qui paient cher leur stand et ne vendent pas
grand-chose, les visiteurs qui crient à l'arnaque..."

Mais Laurent ne doute de rien. Et Laurent n'a rien compris. Il répond donc encore, d'un message intitulé "Kiss" puant son mépris suffisant. Il a tort. S'il ne s'obstinait pas, il ne serait pas autant cité sur ce blog. Et c'est vrai qu'avec les dizaines de milliers de hits que j'atteins chaque mois, il ferait mieux de faire attention.

Histoire d'enfoncer le clou, et bien souligner qu'il ne s'agit pas d'un problème strictement personnel, mais d'une question relevant du conseil dans l'achat du vintage, je vous invite à lire les deux blogs suivants :

The Cherry Blossom Girl, où Alix écrit : "Je profite de l’esprit de cet article pour parler du salon du vintage auquel je me suis rendue samedi dernier. En un mot, je suis déçue, très déçue même. Rien de véritablement authentique là bas, du moins pas dans l’esprit. Le mobilier avait beau être d’époque et les vêtements aussi, cela n’effaçait pas cette désagréable impression d’ambiance faussement préfabriquée pour les novices , des prix pour leurs part véritablement exagérés, et des vendeurs prétentieux."

Et Play Like A Girl, où Fanny souligne entre autres : "Mais est-ce bien du vintage ce que je vois là ? J’en perds mes mots, mes définitions." Les commentaires qui suivent sont délicieux, également.

Je précise que je ne connais ni Alix, ni Fanny.

Alors, Laurent, certes vous m'embrassez, d'une façon qui ressemble à un crachat au visage. Mais voyez-vous, je pique. Ce que vous ne comprenez pas, c'est que seule la passion me dirige. Je ne suis pas une commerçante, moi, je suis juste une passionnée d'Histoire, une amoureuse d'étoffes. Je ne gagne pas ma vie avec le vintage. Je m'amuse, j'admire. Et j'écris, certes. Mais pas que sur le vintage. Alors, ne vous en faites pas. Dans la prochaine édition de mon guide, vous serez cité. Dans la catégorie : "Salon du Vintage : un nouvel art de vendre aux idiots la mémoire qu'ils n'ont pas ?"

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Tuesday, October 07, 2008

Puces and Love !

J'adore le thème annoncé par les Marchés Paul Bert, Serpette et Rosiers (Saint-Ouen), pour la nuit des Puces : "Puces and Love" ! Et en plus, la programmation musicale est assurée par l'excellente équipe du centre culturel Mains d'Oeuvre, ce qui ne manquera pas de donner une petite touche sympathique à l'événement !

Note : j'ai reçu quelques invitations pour la Nuit des Puces. Si une fidèle lectrice se manifeste (Je parle au féminin, à l'image du public majoritaire du blog) je peux en donner une ou deux.

La Nuit des Puces est un événement très convivial.

-----------EDIT du 15 octobre 2008---------------

Un certain nombre d'entre vous m'ont contactée via commentaire ou mail mais... aucune n'est venue récupérer d'invit ! Et bien, tentez de faire mieux l'an prochain, car la Nuit des Puces est VRAIMENT sympa ! Une p'tite coupe de champagne par ci, un amuse-gueule par là, un peu de fanfare et les marchés illuminés, c'est une atmosphère très agréable. Merci aux marchands qui m'ont fait parvenir des cartons.

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Friday, October 03, 2008

In a speculative market, the only stable investment is...

P*rn!

Traduire : "A l'heure des subprimes, il n'y a plus que le c*l pour faire vendre."

C'est du moins ce que devraient garder en tête certains experts, qui à trop jouer avec le feu vont se retrouver à poil...

Mais quel est donc le rapport avec le vintage ? Juste une question qu'on m'a posée très récemment pour une petite interview : "Faut-il acheter maintenant des vêtements des années 1980, et attendre qu'ils prennent de la valeur ?"

Et bien non. Enfin, pas ce que vous voyez dans les gargottes qui affichent "vintage" en vitrine (mal calligraphié). Tout ce que vous trouverez là ne prendra jamais de valeur. C'était déjà, à la base, du prêt-à-porter, et si vous regardez bien, dans le lot traînent souvent des rogatons H&M. Des séries, donc, pas cette unicité qui fait le vintage. Ḉa aura peut-être une valeur, mais vous serez mort avant, et vos descendants aussi : ce sera juste un souvenir pour les archéologues du IVe millénaire, si du moins les synthétiques ne se sont pas auto-détruits, et les mites n'ont pas mangé le reste. Ma fidèle lectrice Muriel a sûrement un avis là-dessus...

Les vraies belles pièces qui deviendront vintage, bien sûr il y en a. Mais c'est de la Haute-Couture. Paris compte ainsi quelques spécialistes qui savent les discerner : la discrète Anouschka, la mondaine Scarlett (rue Clément Marot), l'inépuisable Didier Ludot, et aussi Corinne Than-Trong (voir ici). Ces experts, sans doute, s'y retrouvent, mais ils y mettent aussi des moyens démesurés, à la hauteur des portefeuilles de leurs clients : stylistes, actrices, musées.

Et il y a sans doute de quoi ironiser sur l'idée d'une spéculation. C'est une tendance très lourde, assurément, que d'aujourd'hui vouloir faire passer du mauvais YSL Rive Gauche ou du Louis Féraud juste démodé pour du vintage. La griffe ne suffit pas à la valeur. Ainsi, il y avait de quoi s'amuser à la lecture du catalogue d'une "grande vente vintage" qui s'est tenue le week-end dernier. Qui a acheté ? Pour quel montant ? Les estimations m'ont semblé très élevées, elles concernaient essentiellement du Courrèges et du Féraud, et des pièces qui ne sont pas de la plus grande rareté.

Pas sure qu'avec la crise, la rigolade dure longtemps. Il semblerait que les chirurgiens esthétiques américains soient ruinés, faute de clients, et il pourrait bien arriver la même chose dans le domaine de la mode. Restera, alors, un autre visage du vintage : s'habiller différemment, certes, mais aussi à des prix qui reflètent réellement les pièces. Pour info, une très belle robe Courrèges d'un bon millésime se trouve à 500 euros, pas 1500.

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